// "GUERNICA" - PABLO PICASSO Mémoires de l'Exil de l'Espagne républicaine

« GUERNICA » – PABLO PICASSO


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Guernica, peinture à l’huile (3,50 m x 7,8 m) 1937 Pablo Picasso

Histoire de l’oeuvre

En janvier 1937, le gouvernement républicain commande à Pablo Picasso une grande composition murale, en vue de participer à l’Exposition Universelle de Paris de juillet 1937. Il pensait ainsi attirer l’attention des gouvernements internationaux sur la situation en Espagne.

Pablo Picasso n’est pas trop inspiré, mais l’horreur du bombardement de Guernica lui donnera une inspiration immédiate,  il réalisera son œuvre en moins de deux mois.

Le tableau sera exposé dans le pavillon espagnol, à proximité de celui de l’Allemagne nazie. En face est affiché le portarit de Federico Garcia Lorca, le poète assassiné par les franquistes en 1936.          A côté, un poème de Paul Eluard, ami de Picasso : « La mort et la hideur de nos ennemis ont la couleur monotone de notre nuit« 

Présentée à travers le monde entre 1937 et 1939 afin de lever des fonds pour les républicains, le tableau rejoindra le Musée d’art moderne de New-York après la victoire des nationalistes en 1939. Il y séjournera pendant quarante deux ans. Picasso exigea en effet que le tableau ne puisse être installé en Espagne que lorsque celle- ci aura été débarassée de Franco et sera redevenue libre et démocratique.

Ce n’est qu’en 1981, après la mort du dictateur (1975) que l’oeuvre sera installée au musée du Prado à Madrid puis au musée Reina Sofia.

Cette toile exprime toute l’horreur et la colère ressentie par Pablo Picasso à la suite du bombardement de Guernica.

Guernica (Gernika en basque), est une ville de la province de Biscaye, située dans la Communauté autonome du Pays basque.

Le 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de la légion Condor envoyées par Hitler au secours de Franco, bombardent la ville de Guernica afin de tester de nouvelles armes. Ce bombardement a été longtemps considéré comme le tout premier raid de l’histoire de l’aviation militaire moderne sur une population civile sans défense.

3 heures et 15 minutes d’horreur, quelque 50 tonnes de bombes et   3 000 engins incendiaires détruisent près de  70 % des habitations.

A 19 heures 45 le dernier avion disparaît. La ville brûle. L’église et la maison des basques avec son chêne, cet arbre qui réunit les basques de toutes les provinces depuis des siècles sont debout.


Description de l’oeuvre

La toile est en noir, blanc et gris. Elle représente une scène de violence, de douleur, de mort et d’impuissance dont la cause n’est pas représentée.

Le cheval blessé est la pièce maîtresse du tableau. Suspendu dans sa course, il semble crier en direction du taureau. Une lance ou bien une corne transperce ses flancs. Il y a aussi ces traits verticaux qui représentent peut être la liste des morts. Ce cheval symbolise le peuple espagnol et la liberté mourante, dira Picasso.

 Le taureau avec ses yeux d’homme symbolise la force brute, la cruauté.

La lampe : Tout en haut, presque au centre, Picasso place une  lampe. Elle est portée par une femme au bras tendu qui entre par une fenêtre pour sauver la ville de l’obscurité.  Cette lampe est le sommet du triangle de l’horreur, elle observe, est un témoin du drame. Elle représente peut être aussi l’espoir.

La mère à l’enfant : À gauche, une femme porte son enfant mort et hurle de douleur. La douleur et les hurlements de la mère sont visibles, les yeux et les narines ont des formes de larmes, la langue pointue sort de la bouche hurlante. Le visage, à la fois de face et de profil, est basculé vers le haut, la mère hurle au ciel sa détresse. L’enfant dans ses bras a les yeux vides, la tête et les bras ballants.

L’oiseau à peine visible entre le cheval et le taureau s’égosille et semble vouloir nous dire quelque chose. Pour certains, il pourrait être une colombe, symbole d’espoir et de paix.

À droite du tableau, trois femmes désarticulées pleurent ou hurlent.

En fond de tableau, des formes géométriques sombres évoquent des immeubles effondrés.

Le bras du soldat :Dans le bas du tableau, un soldat mort git, démembré,  sa tête et un bras sont coupés. Sa main est encore refermée sur une épée brisée (symbole de paix). De cette main sort une fleur, symbole d’espoir et de renaissance.

La femme tombant dans les flammes a les yeux en larmes et la bouche édentée. Elle exprime la mort d’un peuple désarmé la lâcheté et le bombardement (bombes incendiaires).

Le 1er mai, Picasso découvre l’horreur à la une de son journal.

Le 4 juin, le monde entier verra : animaux et humains enfermés dans une maison que l’on bombarde

 

 

 

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